APPRIVOISER SON OMBRE
Ma première prise de conscience de ce qu'était l'ombre s'est produite voilà vingt ans.
Je recevais à souper un couple d'amis qui, comme nous, avait trois garçons. Par contre ils étaient plus jeunes et un peu plus turbulents que les miens quoique charmants. Epuisée après le ménage (j'étais à ce moment-là un peu maniaque), la préparation du repas, bref, je sentais vraiment une vague colère m'envahir.
Toute cette belle famille arrive, me voilà en pleine discussion de bébés, de couches pendant que le père de cette belle marmaille, profite de son temps pour photographier, se promener sur notre grand terrain, faire la belle vie quoi! Et ma colère elle, de prendre peu à peu toute la place, mais je mets cela sur le compte de la fatigue. Quelques temps plus tard, j'eus un "flash", c'était de l'envie ce que je ressentais vis-à-vis cet homme. Cette partie de moi qui ne rêvait que de liberté, de créativité photographique, d'espace mettait de l'ombre sur la mère parfaite dont je voulais donner l'image. Quelle révélation se fut pour moi. En voulant cacher cette partie sombre de moi qui finalement demandait d'avoir sa juste part, c'est tout. Le plus frustrant dans cette situation, j'étais moi-même mon propre bourreau car j'avais un conjoint qui me donnait ses libertés que moi-même j'empêchais d'éclore afin de préserver cette image lumineuse de moi.
Je recevais à souper un couple d'amis qui, comme nous, avait trois garçons. Par contre ils étaient plus jeunes et un peu plus turbulents que les miens quoique charmants. Epuisée après le ménage (j'étais à ce moment-là un peu maniaque), la préparation du repas, bref, je sentais vraiment une vague colère m'envahir.
Toute cette belle famille arrive, me voilà en pleine discussion de bébés, de couches pendant que le père de cette belle marmaille, profite de son temps pour photographier, se promener sur notre grand terrain, faire la belle vie quoi! Et ma colère elle, de prendre peu à peu toute la place, mais je mets cela sur le compte de la fatigue. Quelques temps plus tard, j'eus un "flash", c'était de l'envie ce que je ressentais vis-à-vis cet homme. Cette partie de moi qui ne rêvait que de liberté, de créativité photographique, d'espace mettait de l'ombre sur la mère parfaite dont je voulais donner l'image. Quelle révélation se fut pour moi. En voulant cacher cette partie sombre de moi qui finalement demandait d'avoir sa juste part, c'est tout. Le plus frustrant dans cette situation, j'étais moi-même mon propre bourreau car j'avais un conjoint qui me donnait ses libertés que moi-même j'empêchais d'éclore afin de préserver cette image lumineuse de moi.
Pour vous en parler avec plus de clarté je vous propose des extrait de Guy Corneau qui explique dans une grande justesse ce qu'est l'ombre. Je vous invite également à vous procurer ce livre abordant ce sujet avec efficacité : ""Apprivoiser votre ombre"" de Jean Montbourquette.
La confrontation de l’ombre
« Faire sienne la part d’ombre entrevue chez tous ceux qui, dans leur ignorance, nous ont fait du mal est laborieux. Pourtant, en acceptant de reconnaître l’autoritaire, le menteur, le traître, l’hypocrite qui peut résider en soi, on acquiert un pouvoir sur ces formes d’expression plutôt que d’en être victime quand les autres les incarnent. L’autre symbolise bien souvent une partie de nous-mêmes avec laquelle nous ne sommes pas à l’aise ou que nous ne connaissons pas et nous serions liés à lui tant que cette partie ne sera pas reconnue. La reconnaissance de l’ombre en nous-mêmes ouvre ainsi le chemin du pardon et de la compassion. Ils deviennent possibles lorsque nous admettons que l’autre dans sa faiblesse et dans sa méchanceté est pareil à nous.
Jung appelait confrontation cette rencontre avec l’ombre pour marquer à quel point elle n’était pas facile. Il faut pourtant prendre conscience que la véritable liberté ne se gagne qu’à ce prix. Lorsqu’un être a délivré famille, partenaires et amis du poids de leurs ignominies, lorsqu’il a clarifié dans son cœur la nature de ses diverses relations, il s’allège.
Pourquoi l’intégration de l’ombre nous rebute-t-elle ? Parce qu’elle vient percuter l’illusion que nous construisons chaque jour de notre propre perfection et de l’innocence de chacun de nos gestes. Le travail sur l’ombre ne mène pas pour autant à une position résignée et dépressive.
Elle permet d’introduire un espace de choix là où il n’y avait pas puisque ce sont les autres qui avaient le pouvoir de nous faire du tort et que nous pouvions rien sur eux.
Lorsqu’un être découvre que ce pouvoir est sien, apparaît la possibilité de se comporter différemment. Au lieu de jouer les autruches et de se plaindre de ce que le sort lui impose, faisant tout pour ignorer qu’il est l’artisan de son propre malheur, il peut commencer un dialogue avec cette ombre qui réside sous son toit.
Qu’est-ce qui nous entraîne irrésistiblement à être négatifs devant certaines situations? Quelles sont nos motivations? Quelles sont nos envies et nos jalousies cachées? Pourquoi avons-nous tendance à nous comporter de façon telle que les situations se retournent contre nous? Quel est ce personnage intérieur qui préfère que rien ne se règle? Quel est celui qui se délecte de notre mauvaise humeur? Qui est celui qui aime faire la guerre? Quel plaisir prend-il à trancher les conflits par des actions d’éclat qui humilient autrui, annihilant toute possibilité de relation? Voilà autant de questions qui mènent directement à la rencontre de l'ombre.
La perception de ce personnage obscur en rapport ! Avec chaque situation conflictuelle dans votre vie aura tôt fait de vous convaincre que la cause des querelles de couples aussi bien que de la guerre dans le monde ne réside pas complètement à l'extérieur de vous. Un tel examen répugne, car il signifie le déplacement du conflit de l’extérieur vers l’intérieur. La négativité d'une partenaire que vous soulignez quotidiennement pourrait bien devenir alors le combat contre votre propre négativité. Il était simplement plus commode de la projeter sur elle que de l'affronter au-dedans de vous-même.
Trouver un bouc émissaire pour lui faire porter le poids de nos torts est d'ailleurs une fonction psychologique primordiale du couple traditionnel. Blâmer, ça ne règle rien mais d'une certaine façon ça fait du bien! En réalité, au quotidien, nos partenaires servent surtout à ça : avoir quelqu'un à accuser. Sur le plan collectif, nous avons les Russes, les islamistes, les femmes, les hommes, etc. Sur le plan personnel, nous n'avons personne pour nous délivrer. Le partenaire intime remplit ce rôle à merveille, d'autant plus que la relation suivie ne peut pas manquer de nous révéler ces failles que nous sommes toujours plus habiles à voir chez le voisin ou la voisine plutôt que chez nous.
La projection de l'ombre est un des mécanismes de défense favoris du moi qui tente ainsi de préserver l'illusion de son innocence. Plus l'amour-propre est faible, plus le recours à l'autre comme bouc émissaire sera utilisé activement. Voilà pourquoi certains conflits entre amoureux ne peuvent absolument pas se régler paisiblement. La fragilité de l'estime personnelle de l'un ou des deux partenaires ne le permet pas. Admettre ses torts et ses faiblesses devant l'autre serait alors vécu comme un échec supplémentaire qui menacerait trop la structure du moi. On préfère garder une image de soi forte et se croire victime de la méchanceté de l'autre pour ne pas tout perdre.
Comme je l'ai mentionné plus haut, l'ombre n'a pas que des côtés négatifs. Nous projetons également certains aspects de nous-mêmes qui sont positifs mais peu développés. Ces derniers nous attachent tout autant à nos partenaires que les aspects négatifs. On doit aussi se les réapproprier pour sortir des attachements qui nous font souffrir. Une personne peut s’être convaincue qu’elle était idiote et tomber amoureuse d’une autre, très douée sur le plan intellectuel. S’ils en viennent à se séparer, elle aura l’impression qu’on lui arrache une partie d’elle-même, qu’on la mutile, ni plus ni moins. Sur le plan psychologique, c’est exactement de ça qu’il s’agit. Tant qu’elle ne fera rien pour développer activement sa partie intellectuelle, elle la projettera sur les autres et répétera le même style d’attachement.
Pour se sortir d’un tel chagrin d’amour, une partie du travail de deuil consiste en cet effort de retrait des projections positives et négatives. Ainsi chaque relation devient un lieu d’une connaissance profonde de soi. Comme la vie psychique est très mouvante et que chacun de nous résume l’univers, il n’y a pas à craindre que l’on soit un jour à court de projections. Pourtant celles-ci deviennent de moins en moins contraignantes à mesure que l’on avance. On gagne même la liberté devant la fascination qu’un être exerce sur nous d’explorer à l’avance le genre de projections qu’il s’attire de notre part. Naît alors le choix de suivre ou non cette expérience qui se présente sous l’apparence de l’amour.
Nos projections nous contraignent à suivre nos passions. Notre être inconscient se manifeste à la conscience par ce biais. Voilà pourquoi ce que nous appelons tomber amoureux s’accompagne de maux de ventre et de nuits d'angoisse. Pourtant, nous pouvons introduire un choix là où il n’y a que détermination aveugle. Nous gagnons cette liberté en acceptant de nous confronter à l'ombre que nous projetons sans juger ni l'autre ni soi.
L’intégration de l'ombre nous ouvre à l’universalité. En consentant intimement à ce que j’interprète comme négatif en moi-même, je peux accueillir ce qui me semble mauvais dans l’univers. Sans ce travail sur soi, je ne peux jamais parvenir à l’Unité, car ma vision de l'univers en exclut toujours la moitié et m’oblige à délaisser cette partie pour gagner un peu de paix. La voie de l’ombre est plus efficace. En résolvant mes conflits intérieurs entre le bon et le méchant, je deviens uni en moi-même et, sans conflit, je peux alors devenir Un avec le cosmos. Je constate peu à peu qu’il n'y a rien à changer. Les forces de destruction servent aussi bien le renouvellement de la vie que les forces de création. La danse de la vie est parfaite, il n’y a rien à en retirer. L’intégration de l’ombre enfante un détachement qui permet la naissance d'une sérénité se situant au-delà de la douleur et du plaisir. C’est-à-dire qu’il y a encore douleur et plaisir mais ils deviennent plus relatifs. On les prend moins au sérieux. Ils sont le jeu de la vie en soi qui permet le plaisir de l’expression et de la communication. Déferle alors dans l'être une joie concrète. D'abord par de petits influx dont la fréquence et l’intensité augmentent à mesure que l’on devient conscient du processus. Jusqu’à ce qu’un individu s’enracine dans une paix durable. Il ne s’agit pas d’une paix mentale artificielle gagnée à force de renoncement à soi-même, mais au contraire d’un dynamisme engendré par un consentement total au vivant. Cette vibration d’enthousiasme n’exige pas des heures quotidiennes de méditation, l’arrêt des relations sexuelles et un silence sans faille de l’esprit. Au contraire, elle est plongée consciente d’elle-même dans la joie de vivre. »
Extrait de Corneau, Guy.
""N’y a-t-il pas d’amour heureux ?""
1997. Éditions Robert Laffont, Paris, page 329 à 330.
Comment créer
une valeur individuelle équilibrée
" Ne désirez-vous pas corriger ce déséquilibre? C'est évidemment possible et nous vous invitons à agir immédiatement en mettant en œuvre les sept moyens qui suivent. Certains sont plus difficiles à comprendre et à utiliser que les autres; quelques-uns aussi vous sembleront simplistes. «Je savais cela», direz-vous. Eh bien, pourquoi alors ne le faites-vous pas?
Voici donc sept moyens qui, nous vous le garantissons, augmenteront votre conscience angélique et équilibreront votre valeur individuelle s'ils sont employés régulièrement.
5. Défier votre partie la plus obscure
Cela semble dangereux, mais ce ne l’est pas. Provoquez votre côté obscur en duel !
Jetez-lui le gant. Donnez-lui rendez vous à tel endroit, tel moment, puis attendez-le.
Qu’il ose donc vous affronter ! Y a-t-il des parties de vous que vous n’aimez pas? Bien sûr, puisque vous vivez dans la dualité.
Jetez-lui le gant. Donnez-lui rendez vous à tel endroit, tel moment, puis attendez-le.
Qu’il ose donc vous affronter ! Y a-t-il des parties de vous que vous n’aimez pas? Bien sûr, puisque vous vivez dans la dualité.
Des parties de vous que vous aimeriez nettoyer ou peut-être écarter de vous ou vaincre?
Eh bien, invitez au combat votre partie la plus obscure. Fixez un rendez-vous. Voulez-vous être vraiment brave? Invitez-la au combat dans l'obscurité, sur son propre terrain! [Soupir.] Si nous vous convions à faire cela, c’est que ces horribles parties obscures ne seront pas au rendez-vous!
Elles ont trop peur de vos parties lumineuses, particulièrement celles qui se renforcent présentement. Vous gagnerez ce duel simplement en vous tenant dans l’obscurité et en les défiant de vous affronter. Vous vous retrouverez bientôt en train de chanter dans le noir, sans crainte, en riant de la situation. Si vous ne deviez retenir qu’une chose du message d’aujourd’hui, que ce soit celle-ci : en réalité, cette énergie que vous croyez si féroce a peur de l'intention divine.
Le seul désir de la contrebalancer la vaincra chaque fois. Montrez votre force, et vos parties obscures abandonneront petit à petit le bateau. Jamais elles n’oseront vous affronter.
Réclamer l'ange intérieur. Quand vous aurez réalisé que votre côté obscur est un lâche, le temps sera venu de réclamer l’ange qui a toujours été présent en vous. Vous devez comprendre qui vous êtes vraiment. Bien que vous ne puissiez sans doute jamais voir votre partie angélique, sachez qu’elle est le véritable soi et qu’elle est prête à être revendiquée.
Encore une fois, utilisez le pouvoir de la parole pour rehausser ce processus.
Faites même une cérémonie si cela vous aide à le rendre plus réel.
Comprenez-vous que ces six moyens sont liés entre eux? Vous êtes créatif, vous aidez d'autres humains, vous faites de l’exercice, vous surveillez vos paroles, vous vous rendez compte que votre côté sombre n’a aucun pouvoir sur vous et commencez alors à sentir votre propre potentiel de vie, et maintenant vous demandez à votre ange de sortir de sa cachette [il n'est caché que parce que vous l’avez enfoui]! Cher auditeur, cher lecteur, vous croyez peut-être que tout cela n’est que de la «parlote de channeling», mais détrompez-vous. Vous verrez bien. N’aimeriez-vous pas que tout drame disparaisse de votre vie? Être capable d'affronter toute situation en vous sentant totalement sûr de votre vérité? Personne ne pourra vous forcer à quoi que ce soit quand votre ange sera en charge de la situation. "
Extrait du livre de Lee Carroll,
""Un nouveau don de Lumière Kryeon tome VIII.""
Ariane Éditions 2004. p.217 et 218.