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vendredi 13 novembre 2009

* ÉCRITURE

L'ÉCRITURE

« Je n’aime pas du tout écrire. Quand je peux tourner le dos à une idée, là, dans le noir, quand je peux éviter de lui ouvrir la porte, je ne touche même pas à un crayon. Mais de temps en temps, il se produit comme une explosion de dynamite dans la façade, avec plein de verres brisés, de briques et de gravois, et quelqu’un s’avance au-dessus des décombres, me prends à la gorge et me dit doucement : ” je ne te lâcherai pas tant que tu ne m’auras pas mis en mots, sur du papier.” C’est comme cela que j’ai rencontré "le messie récalcitrant. » Richard Bach


Je n’épiloguerai pas plus longtemps sur mon état d’esprit. Je crois, que cette citation de Richard Bach exprime clairement mes difficultés à coucher sur papier ce que je dois ! Par contre, moi, je privilégie la manière douce, j’invoque donc ma muse, mon ange gardien bref toute l’aide nécessaire de tous ceux qui veulent bien m’encourager. Je vous présente ce chemin ardu de l’écriture…


Le 9 décembre 2003 : « Voilà c’est fait. j’ai acheté ce cahier pour l’écrire ce fameux bouquin, depuis le temps que je tergiverse, la peur me retient depuis tant d’années.  Aujourd’hui j’ose. La grande Carole à le désir profond de vous partagez les outils qui ont permis à sa petite fille intérieure d’être et de vivre(…) »


Vendredi le 26 août 2005 : « voici déjà plus de trois ans que je sais que j’écrirai ce livre. Ces dernières années j’ai cumulé une quantité phénoménale de citations, d’informations sans toutefois oser laisser écrire mon cœur… »


Le 24 novembre 2007 : « pendant que vous vaquez à vos occupations, je tape lettre après lettre tous ces mots qui, reliés ensemble feront une grande chaîne d’amour grâce à l’histoire magnifique de chacun de ces outils et si vous lisez ces lignes présentement : Eurêka, j’y serai arrivée… à suivre »


Automne 2008 : « j’ai créé plus de 50 cartes de mon jeu boîte à outils d’éveil, je m’amuse avec les gens autour de moi qui pigent des cartes leur suggérant des outils pouvant les aider dans leur cheminement et pour moi, un clin d’yeux, à deux reprises:  mon âme choisit la carte de l’écriture.  Mais je n’arrive toujours pas à enclencher ce processus de création. »


Lundi matin 1h15, le 3 février 2009 : « je suis en train d’écrire mon neuvième outil en une semaine, la muse se présente le bout du nez de plus en plus fréquemment, je visualise clairement la forme que prendra cette boîte à outils d’éveil et je crois bien que le plaisir et la confiance en ce projet s’installent doucement, mais sûrement.»


Le 9 décembre 2009, jour de mes cinquante ans mon bébé après neuf mois arrive à son terme : « je peaufine ce texte qui garnira mon blog : carolelabrie.com de la Boîte à outils d’éveil.

Mes premiers jeux de cartes seront imprimés juste avant Noël, les boîtes suivront début janvier. Présentement, vous lisez ces lignes donc j’y suis finalement arrivée : la création du jeu Boîtes à outils d’éveil ainsi que la description de chaque outil est en route pour la grande aventure : vous rencontrez et partagez avec vous, ce chemin de l’éveil à l’amour de soi et à la conscience de notre pouvoir de guérison en nous que ce jeu peut vous aider à révéler. »

« Danse avec les pieds, avec les idées, avec les mots, et dois-je aussi ajouter  que l’on doit être capable  de danser avec la plume ? »    Friedrich Nietzsche


Le plus aberrant dans cette situation est que tout au long de ma vie dès que j’ai eu la capacité d’écrire, ont éclos des poèmes (je vous invite à lire dans le document "analyse transactionnelle", bonne nuit ma petite), des textes, des reportages, des cartes d’anniversaire… et à chaque fois que je me relisais, toujours la surprise et cette impression que ce ne pouvait être "moi" qui avait écrit ces textes. 
Aujourd’hui, je comprends que l’essentiel est d’écrire ce que mon cœur me dicte. À chaque fois que je manque d’inspiration, ce qui est fréquent, je me rends compte que les peurs et le manque de confiance en moi imbibent toute l’encre de ma créativité et je me retrouve l’encrier vide et le cœur éteint.


Un conseil que j’ai suivi de la première psychologue que j’ai rencontrée à qui j’exprimais mes souffrances reliées au décès de mon père, bien loin d’être cicatrisées, même après toutes ces années : « écris-lui tout ce tu aurais aimé qu’il te dise ou fasse pour toi … » Je garde un souvenir très vivant de cet exercice, les larmes brouillaient complètement ma vue et liquéfiaient l’encre de ses mots écrits avec tant d’émotion. 
Lancée, rien ne pouvait arrêter les flots de cette écriture, comme une bouée qui te tient la tête hors de l’eau. À partir de ce moment, j’ai tenu un journal plus ou moins régulièrement, mais quand le besoin se faisait sentir les mots s’imposaient d’eux-mêmes et libéraient, diluaient ces souffrances.


Bien qu’ayant toujours favorisé la parole, je dois admettre que pour exprimer à l’autre nos blessures et nos mal-être, l’écriture à l’avantage indéniable de la réflexion. Chaque mot écrit et lu par la suite l’est dans le calme sans le bouillonnement des émotions, sans les mots qui dépassent la pensée, car dans l’exercice de l’écriture chaque lettre inscrite est pesée et mesurée.  L’écriture permet d’émettre un message plus clair. Paradoxalement, parfois il faut aussi cracher sur le papier tout le venin en nous, ce premier jet qui peu d’ailleurs rester le seul si on le désire permet cet épurement du trop plein d’émotions. Par la suite, si nous désirons écrire à quelqu’un, ce deuxième jet sera plus dans l’équilibre et dans la pensée justes.


Quel médium merveilleux pour transmettre des informations, des connaissances dans toutes les sphères possibles. Ma plus grande passion demeure l’animation d’atelier. Ce jeu "boîte à outils d’éveil" se fera en groupe avec toute la richesse d’apprentissage, de partage, d’amour, de communication que cela implique, mais l’écriture permet de s’adresser à une plus vaste population.
Paradoxalement, moi-même j’ai peu suivi d’ateliers, je me suis formée à l’école de la vie, à l’école de mon ressenti et de l’écriture des autres : les livres. Combien de fois les prises de conscience, les réponses sont venues à moi sous la forme de mots qu’un auteur quelque part avait écrits.  L’écriture fait partie des outils qui ne coûtent que l’encre et le papier ce qui n’enlèvent  rien à sa grande capacité thérapeutique.


Un truc fort intéressant : le soir avant de vous coucher, écrivez vos difficultés, souffrances, blessures, conflits sur une feuille blanche en raturant avec un surligneur jaune (rayon de la sagesse, de la compréhension) et demandez la compréhension durant la nuit.
Il en est de même pour vos rêves, écrivez:  cette nuit à travers mes rêves je trouve la réponse ou la compréhension à mon problème… Le fait de matérialiser votre pensée, par l’écriture appuie et clarifie votre demande entraînant par le fait même une réponse limpide. La réponse ne vous semble pas assez claire, refaite le processus en demandant une formulation plus explicite pour vous. Vous savez toute l’aide de l’Univers qui est disponible, mais il faut la demander. Il ne m’est jamais arrivé de me faire livrer une pizza sans l’avoir au préalable commandée, je ne garantis pas, par contre, que votre réponse sera livrée en 30 minutes !

L’inscription des mots noir sur blanc dégage une énergie importante qui ancrera fortement ces révélations de mots. Il est parfois important de se libérer, de se détacher de ces inscriptions qui nous gardent toujours dans la même énergie. Plusieurs années après ma séparation, c’est un conseil que j’ai suivi me rendant compte que les liens du passé, les blessures reliées à cette relation ne s’estompaient que très lentement.
J’ai pris tous mes journaux intimes ou tout ce qui concernait ce passé où étaient inscrits : mes rêves nocturnes, mes prises de conscience, mes souffrances crachées avec hargne sur le papier. Tout a été déchiré et jeté au feu une à une, je n’ai gardé que les références et les citations intéressantes ainsi que les textes dont je voulais me servir ultérieurement, comme en ce moment !  J’ai remercié pour cette expérience de vie, j’ai remercié cet homme et j’ai choisi de couper les liens du passé pour me consacrer au moment présent.


"C’est l’histoire de deux amis qui marchaient dans le désert. A un moment ils se disputèrent et l’un des deux donna une gifle à l’autre. Ce dernier endolori, mais sans rien dire, écrivit dans le sable : « aujourd’hui mon meilleur ami m’a donné une gifle. »   Ils continuèrent à marcher puis trouvèrent une oasis, dans laquelle ils décidèrent de se baigner. Mais celui qui avait été giflé manqua de se noyer et son ami le sauva. Quand il se fut repris, il écrivit sur une pierre : « aujourd’hui mon meilleur ami m’a sauvé la vie. »
Celui qui avait donné la gifle et avait sauvé son ami lui demanda : quand je t’ai blessé, tu as écrit sur le sable, et maintenant tu as écrit sur la pierre. Pourquoi ?  L’autre lui répondit : « Quand quelqu’un nous blesse, nous devons l’écrire sur le sable, où les vents du pardon peuvent l’effacer.» Mais quand quelqu’un fait quelque chose de bien pour nous, nous devons l’écrire dans la pierre, où aucun vent ne peut l’effacer. Apprends à écrire tes blessures dans le sable et à graver tes joies dans la pierre."


Une belle synchronicité lors de cette écriture : l'inspiration somnolente (il faut dire qu’il est plus de 2h30 du matin ) je suis à la recherche d’un texte pour compléter et résumer mes propos, je feuillette quelques livres pour finalement porter mon regard sur le livre de recueil de 365 pensées quotidiennes au jour le jour, étrange coïncidence voici la page qui s’ouvre sous mes yeux :

« J’ai découvert que l’écriture était une méthode efficace dans ma recherche et dans mon évolution personnelle. Je prends du temps chaque jour pour écrire un court bilan de ma journée et pour noter comment je me sens. Je prends note des prises de conscience qui furent miennes et des choses que j’ai lues ou entendues et qui m’ont apporté quelque chose. Quand je ne suis pas bien et que quelque chose me tracasse, je l’écris. Mettre par écrit mes difficultés et mes problèmes m’aide à les voir plus clairement et à prendre une distance par rapport à eux.  Je peux ainsi m’en détacher et me libérer de leur emprise émotive. »

Juliette Tremblay