Voilà quelques temps, mon amie française, Chantal, m’a envoyé un livre québécois Nos chères amies… de Denise Bombardier. Lecture plus intéressante que je ne l’aurais cru et riche en prises de conscience.
Au chapitre "Ruptures et Trahisons" voici un paragraphe qui a remis en question ma capacité à vivre l’amitié : « on aime croire que l’amitié nous met à l’abri des ruptures, contrairement à l’amour. On rêve à l’amour éternel sans y croire et on croit à l’éternité de l’amitié malgré des expériences contraires. On se berce de cette illusion jusqu’au moment inattendu où celle qu’on croyait une amie nous trompe ou nous abandonne…mais l’amitié est un sentiment qui ne devrait pas être lourd à éprouver. Il y a aussi les amies qui finissent par nous lasser à force de nous obliger sans arrêt â prendre l’initiative…On met aussi fin à l’amitié quand on a la conviction d’avoir atteint les limites d’une relation. Car, pour demeurer amies, on ne doit pas cesser de se surprendre. De s’admirer aussi, de retirer de la fierté de se fréquenter.»
Finalement, je me suis rendu compte qu’il est impossible d’entrer en amitié tant qu'on ne l’est pas avec soi-même. Les abandons et trahisons dans mes amitiés ne sont que le reflet de mes propres abandons et trahisons envers mes besoins et mes envies. De plus, pour bien enfoncer le clou, l’amitié demande à être authentique, à être elle-même, ce que je commence tout juste à effleurer. Une femme forte comme moi, non vulnérable et qui tente à tout prix d’être parfaite ne peut pas vivre une amitié sincère, car toute l’énergie est dépensée à être parfaite afin d’être aimée ! Quel gâchis ou plutôt quelles belles expériences !
J’ai compris récemment grâce à une amie, que la porte d’entrée de l’amitié pour moi, est d’arrêter de vouloir tout faire pour l’autre mais plutôt "d’exprimer" mes peurs, mes blessures, en fait, ma vulnérabilité. Merci à Chantal, une amie belge venue me visiter récemment, qui m’a offert plus que des pierres, plus que des C.D., plus que sa présence, plus que ses connaissances… elle m’a offert, un cœur ouvert et compatissant, ce qui m’a permis d’exprimer ma vulnérabilité. Elle est d’ailleurs l’une des très rare dans ce monde à avoir reçu mes larmes sur son épaule (et maintenant vous allez rire : les larmes venaient de mon incapacité à lui offrir un repas digne de ce nom car vous l’aurez deviné, la cuisine ce n’est pas mon fort!). Larmes séchées, me voici rassurée que, ce n’est pas nécessaire d’être un cordon bleu pour garder ses amies…Ouf! aujourd’hui, j’apprends à me choisir et ce faisant je donne l’opportunité à l’autre de me choisir : respect et authenticité sont maintenant les mots d’ordre pour mes relations…
Un merci du fond du cœur pour vous toutes, chères âmes que j’ai côtoyées. Vous avez toutes joué un rôle essentiel dans ma vie, mes prises de consciences, mes larmes, mes joies… Que votre vie soit ailleurs aujourd’hui ou bien encore sur le même chemin que moi… peu importe, pour moi, il y a toujours une place dans mon cœur et une profonde reconnaissance de qui vous êtes et de tout ce que vous m’avez apporté.
Et encore une fois, mille millions de mercis… La partie vulnérable en moi qui tente d’émerger avec tant de difficultés aimerait vous dire combien parfois je me sens seule et abandonnée de vous, mais surtout de moi. Je n’ai su aimer qu’à travers mes blessures, car à ce moment-là, elles prenaient toute la place et je n’ai pas su ouvrir mon cœur à moi-même, il est donc resté fermé pour vous aussi. Même si le processus de deuil de ces amitiés avance lentement, sachez toutefois que la nostalgie de votre voix, de nos partages persistent au fond de mon cœur.
Je me souhaite et je vous souhaite également tout l’amour, la paix et la joie sur votre chemin.
Et encore une fois, mille millions de mercis… La partie vulnérable en moi qui tente d’émerger avec tant de difficultés aimerait vous dire combien parfois je me sens seule et abandonnée de vous, mais surtout de moi. Je n’ai su aimer qu’à travers mes blessures, car à ce moment-là, elles prenaient toute la place et je n’ai pas su ouvrir mon cœur à moi-même, il est donc resté fermé pour vous aussi. Même si le processus de deuil de ces amitiés avance lentement, sachez toutefois que la nostalgie de votre voix, de nos partages persistent au fond de mon cœur.
Je me souhaite et je vous souhaite également tout l’amour, la paix et la joie sur votre chemin.
Je vous laisse sur un bout du livre de Paul Ferrini, Le silence du cœur, dans le chapitre intitulé "les empreintes du cœur " : « Plusieurs personnes croient que les relations les rendront heureux. La promesse de se réaliser pleinement par une relation est un cruel canular. Tu le découvriras bien assez tôt. Il n’y a qu’une seule façon par laquelle tu peux te réaliser pleinement dans ta vie et c’est en apprenant à t’aimer et à t’accepter. Avec une telle base, les relations cessent d’être traumatisantes. Peut-être est-ce parce que l’on a plus d’attentes élevées par rapport à elles. Lorsque tu sais comment ‘être avec’ toi-même, il n’est plus si difficile ‘d’être avec’ l’autre. (…) Si tu veux danser avec quelqu’un d’autre, enracine-toi d’abord. Apprends à écouter ton guide intérieur. Communique avec l’enfant blessé et l’hôte divin en toi. Pratique le pardon et la compassion pour toi-même. Sois présent à ton expérience et apprends d’elle. Demeure dans le rythme de ta vie. Sois ouvert aux autres, mais ne te détourne pas de ta voie pour les trouver. Ceux qui savent danser te retrouveront à mi-chemin. Ce ne sera pas une lutte. Tu ressentiras l’accompagnement sans effort.»