Rechercher dans ce blog

Chargement...

vendredi 13 novembre 2009

* JEÛNE


Depuis décembre 2003, forte de ma résolution d’écrire mon livre sur les outils, je vais de l’avant en vivant différentes expériences, donc différents outils, meilleure façon pour moi de savoir de quoi je parle et écris.
Inspiré par Jésus, Gandhi et ces grands de ce monde qui ont utilisé cette méthode afin de purifier leur corps et leur esprit, je vais de l’avant en réservant 6 jours au centre Val santé à Rawdon, maison de santé et de repos, qui offre des soins de jeûne intégral, cures de jus frais, irrigation de côlon, etc. avec suivi constant.

Jour 1 : avec mon petit bagage (je me suis acheté un pyjama chaud, c’est très à la mode dans cet endroit), de préférence pas de dentifrice, mais j’avoue que je passe cette règle, mais en utilise le moins possible, un maillot de bain, car je peux relaxer dans une mini piscine, chaude et réconfortante. Par caprice, mais important psychologiquement pour moi, on m’apporte, suite à ma demande, une berceuse qui grâce à ses mouvements de va-et-vient calmera mes tremblements d’émotions en m’apportant un sentiment de sécurité.

Ouverture du dossier : Inscription des renseignements généraux: pression, mon poids… que vous ne savez pas! Par contre, j’apprends que mon poids santé est de 126 livres (57 kilos). J’avais suivi le conseil de manger plutôt des fruits les deux jours précédant le début du jeûne. De retour à ma chambre avec salle de bain, je fais 30 à 40 minutes de Qi Gong, ensuite un peu de lecture et vers 17 h je m’étends sur mon lit.
Je ressens une vibration en mon cœur (je viens de faire un lapsus, je voulais écrire corps, mais finalement peut-être était-ce mon cœur qui se manifestait?). Je me réveille vers 19h me sentant un peu fiévreuse, avec un léger mal de tête et, surprise, je n’ai pas faim (un préjugé qui tombe : on ne ressent pas la faim après le premier jour de jeûne intégral!). Je dévoile la carte du jeu Féminitude ²: l’Exilée. « (…) Sa plus grande peine est en réalité d’être séparée d’elle-même, car l’Exilée a besoin avant tout d’être révélée à elle-même, afin de s’accueillir avec tendresse et de retrouver la joie profonde. (…) » N’est-ce pas l'objectif profond de ma quête, me retrouver, aux travers tous ses outils.  Me purifier par le jeûne est une expérience qui peut m’aider à apprendre « les leçons de l’amour à travers de multiples expériences. La leçon de l’Exilée consiste à découvrir cet apprentissage de l’amour de soi indispensable à notre transformation. »

Jour 2 : j’ai passé une bonne nuit, on vérifie ma pression, prise de poids je devrais écrire: soustraction de poids de 1 livre environ (un demi-kilo). En fin de matinée je vis une autre première pour moi : l’irrigation côlonique. Tout en douceur, on insère une canule qui contient deux conduits, dans le rectum , permettant tout d’abord au liquide (l’eau à la température du corps) d’entrer et de remplir le côlon. Dès la sensation de plein et envie d’évacuer, on le mentionne, à la thérapeute. Ensuite, la canule de sortie est ouverte permettant à l’eau et aux matières fécales d’être évacués. Plusieurs cycles sont nécessaires pour un bon dégagement des déchets qui encombraient mon côlon. Un gros travail d’élimination des toxines favorisera d’autant plus le travail du désincrustage des déchets profonds, s'il est rennforcé  par le jeûne ou bien une cure. Plus légère, je retourne à ma chambre, je ne ressens pas la faim et me mets au bricolage de l’album photos de mon plus jeune fils (j’ai plusieurs années de retard!). En soirée, je plonge la main dans mon jeu Féminitude pour y découvrir : l’Amoureuse. Un bref extrait : « Chaque fois que vous vous coupez de vos désirs, vous choisissez d’être en exil. Écoutez plutôt les forces vivantes qui agissent en vous et prenez rendez-vous avec l’amour guérisseur. Acceptez désormais d’ouvrir les bras à toutes les rencontres qui s’offrent à vous. (…)
Méditez sur cette phrase : Je m’aime, je t’aime et j’aime la vie. »

Jour 3 : vers trois heures du matin je me suis réveillée. Je reste allongée perdue dans mes pensées, peut-être un peu dans mes vieux péchés ? Bonne pression, pas d’appétit, pas de maux de tête, aucun souvenir de mes rêves sauf celui qui dit que la balance indique 4 livres en moins (presque deux kilos). Je dois vous avouer qu’un de mes buts n’était peut-être pas aussi noble que je l’ai laissé entendre. C’était un grand plaisir pour moi de perdre ces kilos en trop sauf qu’une leçon m’a été bien servie « sur un plateau ». Comme le corps a été affamé, dès la reprise de la nourriture (en particulier si elle n’est pas adéquate) ce message de manque, bien enregistré dans le cerveau, envoie comme information dès la moindre sensation de faim : « stocker » des réserves pour les temps difficiles.  Ma reprise de poids a donc été assez rapide et, en plus, est supérieure à mon point de départ.  Aujourd’hui, je comprends que si la raison principale est de maigrir il est très efficace de faire un jeûne, mais ensuite d’être cohérent en poursuivant le retour du jeûne par une alimentation saine et équilibrée. Important de prendre conscience que si par exemple vous portez une blessure d’humiliation en vous, si celle-ci n’est pas réglée peu importe les jeûnes, régimes ou autres vous serez rattrapé en peu de temps. C’est un outil à ne pas prendre à la légère, il est important de vérifier le désir réel qui se cache derrière l’expérience. Maigrir pour moi égalait, esthétique, et non meilleur pour ma santé ! D’ailleurs à ce sujet voici la réponse à ma question : qu’est-ce que le jeûne m’apportera ? Cette fois-ci c’est dans Les cartes de l’enfant intérieur que le deux cristaux expriment ce qui suit : « Prenez soin de vous, de vos relations et de votre santé lorsque vous recevez cette carte. Faites de l’exercice – physique, intellectuel et spirituel; cela peut vous apporter l’agilité requise pour intégrer l’équilibre, que vous soyez seul ou en relation. » J’ai d’ailleurs suivi ce bon conseil en effectuant une courte marche dans ce décor d’hiver féérique avec cette neige embrassant toute cette belle région de Lanaudière.
Pour le physique, chose réglée et un peu de lecture spirituelle avec le guerrier pacifique.

Jour 4 : Une nuit plus agitée, un remue-ménage d’émotions diverses reliés à ma séparation qui date de 18 mois et le manque de communication s’entremêlent pour me lancer un message-choc : libère-toi du passé et de cette culpabilité qui t’alourdit et t’empêche de suivre ton chemin!  Avec une belle énergie, je vais à ma rencontre quotidienne : tout se déroule normalement. Piscine, un peu de lecture, chaise berçante, la journée défile tranquillement. Je m’efforce de boire environ 500 ml d’eau par jour, je croyais qu’il était important de boire beaucoup plus, et non, car il y a malaise et gonflement et comme il n’y a pas de digestion, c’est inutile de boire davantage.

Jour 5 : des maux de tête durant la nuit qui se sont atténués ce matin.  Difficulté à prendre ma douche, cela m’épuise et de plus je sens les pulsations de mon cœur, un sentiment étrange et un peu inquiétant. L’intervenant du centre me rassure en m’expliquant un phénomène d’électrolyse du cœur, normal.
Le repos est toujours vivement conseillé avec le moins d’interférences possibles telles : la télévision, journal, lecture…Pourquoi ?  En lisant le livre vendu sur place de Nicole Boudreau ""Jeûner pour sa santé"" j’y apprends que le bienfait du jeûne proviendrait de l’autolyse.  Dans le livre de cours du Collège des médecines douces du Québec, de Thierry, mon compagnon de vie, je retiens l’information qui nous intéresse sur l’autolyse : « En jeûnant, on cesse d’apporter des aliments; le corps doit développer une nouvelle stratégie pour avoir de l’énergie, car il est en quête continuelle de carburant et de matériaux pour survivre.
Sa stratégie est de se tourner vers ses réserves; il fouille dans tous ses tissus pour y inventorier les gras, les protéines, les vitamines et les minéraux en réserve qu’il peut utiliser sans se nuire.

Il recense et désintègre ses tissus usés, endommagés ou excédentaires, en recycle les matériaux réutilisables et en élimine les déchets malsains. On appelle autolyse, ce processus de désintégration des tissus usés, endommagés ou excédentaires. Les tissus malades désintégrés sont remplacés par des tissus neufs que l’organisme synthétise lui-même. Qui dit autolyse dit donc rajeunissement ? (…) Pendant le jeûne, nos cellules troquent leurs parties usées pour des parties neuves à un rythme fort dynamique. Le corps en jeûne se livre donc à une vaste opération de rénovation afin d’extraire des structures usées et endommagées des substrats qu’il recyclera pour s’en nourrir. (…) Puisque le jeûne stimule la régénération de tout l’organisme, la plupart des problèmes de santé pris en charge avant qu’ils ne soient irréversibles peuvent se résoudre. N’oublions pas que la capacité de régénération de l’organisme est fabuleuse et que des personnes qui croyaient atteintes à jamais de problèmes de problèmes pathologiques ont reconquis une pleine santé en jeûnant. »

J’avais entendu parler du grand succès chez les fumeurs qui, en jeûnant, arrivaient à arrêter de fumer sans rechuter. Mais, j’étais un peu crédule face à cette autolyse jusqu’au moment ou un genou abîmé depuis quelques années par une chute d’une feuille de métal de 140 livres s’échoua sur le haut du genou vers la droite. Fréquemment je ressentais, même après plusieurs années, cette blessure. Depuis, ce jeûne, bien que sur le coup j’ai ressenti une plus grande douleur pendant quelques heures, ensuite, un point final à la douleur à ce niveau. Le test des chemins de pèlerinage de 3000 km à pied sur deux périodes fut totalement concluant, plus aucune douleur ou sensation désagréable par rapport à cette blessure. L’autolyse avait accompli son travail en profondeur.
Toute l’énergie retenue par la digestion durant le jeûne s’activait plutôt à réparer les tissus endommagés.

Pour terminer ce cinquième jour en beauté, le tirage de l’Arbre mort du jeu Féminitude résume bien les changements qui s’opèrent en moi : « la carte de l’Arbre Mort" nous amène à reconsidérer nos objectifs et nos directions afin d’opérer une conversion en vue de redémarrer un nouveau cycle d’expériences sur un mode diamétralement opposé. Nos rendez-vous avec la mort nous permettent de jeter au compost les éléments du passé trop vieux et trop usés. À cette occasion, la vie est souvent rasée nette, “ rasée à mort” . Un lent processus de transformation s’opère, pour changer la pourriture en nouvel humus prometteur de fertilité et de prochaines récoltes. »

Jour 6 : nuit couci-couça, levée à huit heures, douchée comme tous les matins avec peu de savon, à vrai dire je ne devrais pas en prendre du tout, comme tout produit cosmétique, ni déodorisant, bref important d’éviter tous les produits qui peuvent bloquer les pores de peau, ces derniers permettent l’évacuation de différentes toxines. En plus, pas de brossage de dents ou minimalement, mais surtout pas de brossage de langue, car les résidus blancs qui s’y collent indiquent que le processus de nettoyage n’est pas terminé. Je repartirai donc avec, cela ce qu’on m’a dit cela peut prendre de 2 à 3 semaines, dépendamment de la fréquence des jeûnes. Mon poids toujours à la baisse, j’ai 10 livres en moins (un peu moins de 5 kilos). Même si je ne ris pas jaune, mon teint lui, se le permet donc une petite jaunisse me rassure-t-on tout à fait normale.
Le travail se poursuit à tous les niveaux : l’autolyse au niveau physique accomplit son travail en sourdine au moment même ou la lecture de mère fils l’impossible séparation de Anne-Laure Gannoc donne libre cours à mes larmes et aux questionnements de ma relation avec mes trois fils ?
Un bouquet de fleurs m’est offert par la lecture de la carte du fleurissement : « fleurir, c’est aussi humer notre cœur qui reflète la partie sensible de notre être. Humer de soi à soi veut dire aussi s’aimer dans toutes nos différences et nos vibrations. C’est accepter d’exhaler notre parfum.

La fleur appartient au règne végétal en relation avec l’émotionnel de l’être humain.  Fleurir c’est alors s’ouvrir sur le plan affectif à nos émotions. Etre ému, c’est ouvrir son cœur et se laisser toucher.
Bien plus que cela, c’est s’ouvrir à l’amour universel. Sur un plan plus large, c’est se laisser toucher par les errances du monde pour fleurir de toute notre créativité terrestre et servir la Terre. »

Jour 7 : tout se déroule comme les jours précédents, tout en douceur je me la coule douce en sachant que je quitte demain.

Jour 8 : matin ensoleillé d’un fond de jus d’orange frais, quelle saveur. Durant tout mon séjour, mon odorat est devenu beaucoup plus sensible (j’ai pu sentir la cigarette sur une personne qui passait à 20 mètres de moi !) et je me rends compte que le goût aussi. Pratiquement 14 livres en moins et une conférence sur l’alimentation très intéressante : boire de l’eau de source (Naya est une eau de source québécoise), diminuer les portions, la viande pour ceux qui en mangent, augmenter les portions de fruits et légumes. 
Mon fils vient me prendre et avec un brin de nostalgie je quitte cette oasis de paix.  J’avoue que j’aimerais un jour vivre un jeûne intégral de 3 semaines afin de profiter des bienfaits de l’autolyse plus en profondeur.
Par contre, comme j’ai tendance à l’hypoglycémie on m’a conseillé plutôt une cure de fruits. Celle-ci permet  tout de même de poursuivre nos activités sans effort physique, car elle apporte à notre organisme des minéraux, des sucres et des vitamines. De plus, elle amène une désintoxication comparable au jeûne.
Pour ma part, un changement notable dans mon alimentation : j’ai introduit des jus de légumes crus (carottes, céleri, persil et pommes) avant les repas chauds, car ce jus favorise la production d’enzymes facilitant la digestion en plus de l’apport en éléments nutritifs.
A la sortie du centre, doucement, feuille en main, décrivant comment rompre le jeûne, je suis allée m’acheter une machine à jus, modèle peu dispendieux, mais il faut boire le jus dans la demi-heure qui suit.


Ces dernières années, j’ai refait à quelques reprises des jeûnes intégraux, tranquilles à la maison avec Thierry qui s’est initié à cet outil. Pour la première fois, tout comme moi, je vous conseille plus que fortement d’être dans un lieu adéquat pour ce genre d’expérience. Par la suite, cela dépend de chacun, de la connaissance de votre corps, des problèmes de santé présents au moment de la cure et de la capacité à rester tranquille… Tous ces éléments sont gage du succès afin de bien profiter du phénomène de l’autolyse.
Le dernier jeûne intégral de Thierry a duré deux semaines et la programmation effectuée avant cette expérience n’est pas étrangère au bon déroulement du jeûne. Simultanément, le jeûne de dix jours que j’ai effectué s’est bien passé, sauf dans les deux derniers jours : au neuvième jour j’ai vraiment ressenti que je devais reprendre la nourriture (toujours doucement selon le protocole reçu lors de mon premier jeûne), mais un peu d’orgueil m’a retenue et le lendemain, je me suis sentie très mal (symptôme d’anémie que je connaissais pour avoir déjà vécu précédemment).

La morale de cette histoire:  il est très important d’écouter ce que notre corps tente désespérément de nous dire. Je me suis vite rétablie, mais j’ai du prendre des suppléments de fer et autres minéraux.
La vigilance est de rigueur.
A ceux qui tentent l’aventure…Bon appétit … Oups… Je veux dire bon jeûne…