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vendredi 13 novembre 2009

* LARMES

LES LARMES


Tant de temps avant de comprendre que mes larmes n’étaient que du dépit.
Tant de larmes signifiant : je suis une pauvre victime, ont été versées.
Tant d’orgueil alimentant ce flot de lamentations.
Tout ce larmoiement fut inutile tant que je n’ai pas choisi de me prendre en main.
Le jour où j’ai compris que j’étais responsable de ma vie à 100 %, et ce, 24 heures sur 24, les larmes  furent cette fois: de libération et de transformation.

En 2002, lors de mon séminaire de Métamédecine, pour la première fois de ma vie, je pleurai tout mon soûl (du plus profond de mon « soul », signifiant âme en anglais) grâce à cette overdose d’amour que j’ai reçue. Le choc fut tellement incroyable que pendant plus de cinq minutes mes jambes tremblèrent.
A partir de ce moment, il y eu encore beaucoup de sanglots sur mes sentiers, mais chacune de ces larmes furent bénéfiques.  Ce fut: une prière, un cri, un appel à la transformation.

Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle fut un maître dans l’apprentissage de la vulnérabilité, du lâcher-prise. Devant la souffrance physique et psychologique, ces longs sanglots ont fait fondre ma carapace d’orgueil, d’image de la femme forte de l’Évangile (d’ailleurs une phrase que j’ai répétée à maintes reprises !). Chacune des gouttes de ce liquide qui s’écoulait de mes yeux,  a permis à bien des fleurs de prendre vie et à mon cœur d’éclore.

Les glandes lacrymales en action sont un bon indicateur du malaise, de la source du conflit.  La larme au coin de l’œil nous aiguille vers la vérité de notre cœur, qui souvent n’ose se révéler. Récemment suite à un problème je pigeai une carte dans mon jeu « Boîte à outils d’éveil » qui se révéla être l’écriture. 
Je pris papier et crayon et passai à l’action. Au fil des mots qui naissaient, ces derniers faisant résonnance avec ma souffrance et se retrouvèrent noyés. Lorsque je relus toutes ces phrases à Thierry, ces mêmes syllabes révélatrices de mon mal-être, me firent de nouveau fondre en larmes. Je ne pouvais nier l’évidence, cette blessure que je croyais guérie, subsistait encore en moi et me fut indiquée grâce à ma jauge lacrymale.

Mes larmes d'éternité

« Il nous en coûte d’apprendre à verser nos larmes de lumière. Pendant que nous vivons nos heures de découragement et de lassitude quand la tristesse envahit l’immensité de nos terres, la vie, elle, marche à nos côtés et transfigure nos larmes en fruits d’éternité.

Elle nous conduit au centre de nous-mêmes, seul endroit où il nous est possible de connaître le repos. Il y a, en effet, au fond de chacun de nous, un espace où il nous est loisible de baigner dans la douceur quand la douleur nous étreint : un espace où la paix est établie à demeure alors que le désordre laboure notre cœur; un espace où il n’y a que lumière et joie sans ombre quand la nuit, tout autour, bat son plein; un espace où la peine, la souffrance et le péché ont reçu un interdit de circuler pendant que la mort, à l’extérieur, continue son métier. »

Extrait du volume ""Des larmes d’éternité"", Yves Girard


Pleure à ma place


J’sais pas comment
Paraît qu’ les larmes
Ça goûte le sel
Paraît c’est comme l’eau de la mer
Celle qui fait fondre les grand glaciers

Pleure à ma place
J’sais pu comment
Avec le temps je suis resté
Celui à qui on peut se confier
Celui qui en crève d’être le plus fort

Y’a tant d’histoires
De mal d’amour
Jamais domptées
Y’a des chagrins
Comme des secrets
Jamais confiés
Les larmes ont besoin de se raconter

Pleure à ma place
J’sais pu comment
J’ai des poèmes restés cachés
C’est comme ça depuis tant d’années
Les tiroirs vont bientôt craquer


Pleure à ma place
J’sais pu comment
C’est pas l’alcool qui brûle ma langue
C’est pas la rage qui me fait souffrir
J’ai une fenêtre qui veut s’ouvrir

Piège de douleur
Piège de beauté
J’vas rester là
Celui à qui on peut se confier
Celui sur qui on peut compter.

Richard Séguin

Une des chansons de Richard Séguin qui m'a le plus touchée ces dernières années.  Un cri du coeur que bien des hommes et des femmes aussi lancent en disant que tous, nous avons le droit et le besoin de laisser couler nos souffrances.  Pour moi un bel effet miroir face à la femme forte qui devient vulnérable et l'exprime!