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mardi 24 novembre 2009

* RESPIRATION

LA RESPIRATION

"L’outil respiration" me semble " vital."  Pour moi, ce fut par le Qi Gong qu’une amélioration se produisit. Je suis convaincue que les respirations apprises lors de ce cours et que j’ai effectuées par la suite, m’ont grandement aidée sur mon chemin de pèlerinage et par la suite,dans ma qualité de vie. Lors de mes marches de santé, régulièrement j’applique la respiration abdominale sur des bouts de sentiers. Avant de m’endormir ou lors de mon autotraitement de reiki, je pratique cette respiration dans le dan tien.
Il est évident que je dois encore davantage laisser de place à la pratique, en vue d’obtenir une meilleure qualité dans l’absorption de l’air. Une amie m’a proposé le livre : "Changez votre vie en apprenant à respirer" ayant comme sous-titre "La gymnastique respiratoire" de Géraldine Gagné. J’avoue ne pas l’avoir lu, mais étant donné ses bons commentaires, je vous le suggère. Le message le plus important demeure de prendre conscience que la qualité de la respiration ouvre la voie à de nombreux bienfaits. 
Je mentionne également que "respirer par le nez" que l'on dit souvent à la rigolade, m'a grandement aidé en situation de stress émotionnel intense et ce plus d'une fois.  Simple mais efficace!


Je passe maintenant le clavier à Thierry.  Il vous expliquera toute l’importance que la respiration a prise dans sa vie. Sa formation de yoga et une expérience traumatisante l’ont conforté à donner la priorité à l’essence de la vie : la respiration.

Ma première leçon de pranayama

« J'ai été opéré de l'épaule droite le 19 mars 1997. Le réveil fut une grande expérience et une grande leçon que je voulais faire partager. L'opération se déroulait lors d'une grève des internes, dans un climat social assez lourd.

Je me réveille avec du plomb sur les yeux, j'ai un masque sur le nez, seuls mes autres sens me permettent de suivre la scène ci-après.  Je sens à cet instant l'infirmière se précipiter sur un interne qui vient de rentrer. « -Ça fait 5 heures que le monsieur ne parvient pas à se réveiller. -ouais (il n'a pas dit bof, mais l'intention y était). -mais enfin qu'est ce que je dois faire ?» Il semble consulter un papier. «-Il a subi une opération très délicate, peut être que c'est normal. » On dirait qu'il remarque ma présence pour la première fois. « -D'ailleurs regardez, il se réveille » ajoute-t-il d'un air très satisfait et supérieur. Folle de rage l'infirmière se précipite sur moi, arrache le masque en disant : « Et maintenant vous allez respirer » puis elle s'en va excédée, je ne sens plus aucune présence autour de moi.

Le bilan se fait en très peu de temps. L'impression est bizarre comme s'il n'y avait plus d'oxygène dans aucune des cellules de mon corps.  Ma poitrine semblait ne plus répondre.  Cet état était plutôt agréable et la vie s'en allait tranquillement.  Rien, dans ma vie ne motivait que je me batte. J'étais seul face à une mort sereine. Mais j'ai voulu vivre.  Inexplicablement il fallait que je vive. Pour vivre, je devais respirer. Ma poitrine refusait de se soulever. Pendant un instant je me suis sentit envahi par le désespoir, rien à faire. Je ne sais où je suis allé chercher un regain d'énergie, j'ai mobilisé tous mes muscles pour inspirer. Lentement ma poitrine s'est soulevée, laissant rentrer l'air. Je n'arrive plus à retrouver le goût de l'air qui pénétra mes poumons à cet instant.
Puis ma poitrine retombe assez brusquement, muscles sans force.

Impossible de se concentrer sur autre chose qu’inspirer, effort, expirer, récupérer.  Mon être entier est dans cette inspiration, car si je réfléchis que le suivant sera aussi dur je suis mort.
Une inspiration c'est un peu d'oxygène, un peu d'énergie, un peu de vie qui va me permettre d'alimenter les cellules les plus indispensables, le cerveau, la poitrine. D'après le compte rendu d'opération, j'ai dû retrouver mes esprits en salle de réveil à 22h. Lorsque j'ai réussi à me redresser dans mon lit, il était 9 heures du matin. 11 heures de concentration sur la respiration.
Je n'ai pas senti mon épaule,  bien que l'on m'ait souvent dit que l'opération était douloureuse.
Je me rappelle à peine avoir été ramené dans ma chambre. Une seule tâche, un seul impératif, respirer pour vivre. Pendant un mois cet exercice recommença pendant la nuit, ma poitrine s'allégeant finalement suffisamment pour que je puisse dormir quelques heures.

Analyse
Ce qui se passe a l'intérieur:

A- L'impression que ce qui se passe est là pour m'édifier. A la fois je suis concerné mais extérieur. Je ressens profondément les émotions agitant les deux personnes. Leurs centres d'intérêt sont tellement différents l'un de l'autre que le conflit est presque inévitable. Mais rien ne m'étonne dans leurs réactions, je comprends. Ce n'est qu'après leur départ que j'ai retrouvé mon espace, je suis même incapable de dire si je respirais.
Je ne sais si cette lucidité était due à la drogue, à l'oxygène, mais cela semblait si naturel.

B- Le sursaut de survie est étonnant, car, à cette époque, j'aurais raisonnablement dû penser que la mort était la bienvenue. Après cela je ne peux que mener ma tâche au bout du chemin, même si je ne sais pas vraiment où la vie me conduit.

C- La faiblesse de ma vitalité physique ne m'empêche pas de trouver des forces insoupçonnées.
Je mobilise une énergie qui est en moi, mais dont j'ignorais l'existence. Il y a toujours plus en nous que nous le croyons.
Quand je regarde en arrière et que je constate ce qui est advenu, ce trait est une évidence.

D- La saveur du premier air que l'on respire, la récompense de l'effort. Un geste aussi simple ne m'avait jamais semblé posséder une telle puissance. Chaque cellule profite des gouttes d'air inspiré. Quel que soit l'exercice de souffle je n'ai pu retrouver cette sensation, mais on s'en approche en pratiquant Kapalabati ou Bhastrika.

E- La concentration extrême sur la respiration me fait oublier tout le reste.  Je n'entends rien.
Je ne sens pas la douleur de l'opération. On me dépose dans mon lit et je ne m'en rends pas compte. Je ne pense et ne réalise qu'une chose "respirer"  Je crois que c'est la vitalité de cet exercice qui m'a permis de trouver la force physique et mentale d'arriver au lever du lendemain.

F- Il y a eu un prix à payer pour cette expérience. En effet tout mon effort est basé non sur la respiration, mais sur l'inspiration. Lorsque les circonstances ont disparu, j'ai continué à gérer ma respiration comme durant cette période de stress. J'ai réalisé de nombreux efforts pour accepter d'expirer complètement, ce fut comme une rééducation de la respiration.  C'est encore un problème même s'il est maintenant conscient.  De nombreux problèmes physiques et psychiques ont découlé de cette expérience. Flatulence, rigidité thoracique, problèmes digestifs, peur de dormir, de lâcher prise et bien d'autres sont venus se greffer aux problèmes existants.

G- Si chaque instant de vie était vécu avec une telle intensité la somme de mes connaissances serait fabuleuse. Malheureusement je suis loin de pouvoir reproduire cet état dans une situation moins « urgente ».

Cet extrait de mon mémoire de stage présenté lors de ma demande pour devenir professeur de Yoga prouve à quel point la respiration : c’est la vie.  Si on considère les différents types de nourriture, en moyenne on peut tenir 40 jours sans manger, trois jours sans boire, une minute sans respirer et une seconde sans le rayonnement cosmique.

Dans les cours de Yoga on apprend différentes techniques de respirations. Je ne les enseignerai pas ici car il est préférable de l’expérimenter avec une personne compétente à ses côtés.
Par contre, je vais vous donner quelques règles élémentaires.
 La respiration est reliée à nos états émotionnels et créatifs, comme le prouvent les expressions
« en avoir le souffle coupé », ou « je ne suis pas inspiré ».

Normalement le souffle s’accélère lors d’une émotion intense et s’apaise lorsque l’on dort ou médite. Les trois types de respiration sont dénommés en sanskrit selon leur effet.
Si l’inspiration est plus longue que l’expiration, c’est une respiration dynamisante appelée : rajasique. Si c’est l’expiration la plus longue, la respiration est reposante : tamasique.
Si les deux mouvements sont d’égale longueur, c’est une respiration équilibrée appelée sattvique, "c’est vers cette respiration que chacun doit tendre"   Enfin, il y a les deux rétentions à plein et à vide, pour certains yogis, c’est le moyen d’atteindre de très hauts états méditatifs. »

Merci à Thierry pour ce témoignage à "couper le souffle". 
Je vous ai gardé parmi plusieurs auteurs que j’ai lus qui, sans conteste,  proclament la puissance du souffle de vie, le texte extrait du livre de Paul Ferrini : « LE SILENCE DU CŒUR ».

« Le silence est l’essence du cœur. Tu ne peux être dans le cœur si tu n’as pas pardonné aux autres et à toi-même. Tu ne peux être dans le cœur si tu es inquiet ou en colère.
Tu ne peux être dans le cœur si ta respiration est superficielle ou difficile.

Lorsque la respiration n’est pas profonde, la pensée est superficielle. Si tu veux mener une vie spirituelle, sois conscient de ta respiration. Lorsque tu t’aperçois que ta respiration est superficielle, remarque alors tes pensées. Tu verras que ton esprit ne fait que jacasser. Aucune de ces pensées n’a de profondeur ni d’importance. Si tu te détends et que tu respires profondément, ces pensées s'envoleront comme des oiseaux effarouchés et alors tu demeureras dans le cœur.

Lorsque ta respiration est difficile, la pensée est menée par la peur et l’anxiété. Lorsque tu remarques que ta respiration est pénible, prends un temps d’arrêt et note tes pensées et tes sentiments. Tes états d’esprit seront alors ancrés dans le passé ou dans le futur. Ton attention portera sur ce que les autres font et sur la façon dont tu peux les aider ou dont tu peux te protéger de leurs actions. Tu ériges alors une forteresse de pensées autour de ton cœur.
Prends une profonde respiration et détends-toi. Prends une autre profonde respiration.
Respire et retourne vers le cœur. Respire et retourne vers ton Soi essentiel.

(…) La respiration est la clé pour vivre une vie spirituelle dans l’expérience physique.
Lorsque le corps meurt, le souffle quitte le corps.  Mais où va-t-il?  La plupart des gens croient que le corps est le créateur du souffle.  En vérité, c’est le contraire. Le souffle est le créateur du corps. Lorsque le souffle quitte le corps, celui-ci cesse de fonctionner.
Il se désintègre et devient rien, car, sans le souffle de l'âme, le corps n'est rien.

Si tu désires mener une vie spirituelle, respire profondément et lentement. Inspire l’air profondément dans ton abdomen puis expire-le pleinement. Plus tu inspireras d'air en grande quantité, plus tu te sentiras léger et plus il te sera facile d'accomplir ce que tu dois faire. Quiconque respire profondément ne craint pas ce que la vie lui offre et ne se sent pas dépassé par les événements, car ils ou elles ont l’énergie nécessaire pour affronter toutes les circonstances de la vie. Seuls ceux dont la respiration est superficielle, pénible ou irrégulière manquent d'énergie et sont facilement intimidés par les défis de la vie.

A moins de respirer profondément et calmement, tu ne peux être dans le cœur. Si tu ne comprends pas ce que je dis, dépose ce livre et respire profondément jusque dans ton abdomen, en comptant jusqu’à cinq lors de l'inspiration et en comptant de nouveau jusqu’à cinq à l'expiration.
Respire ainsi durant cinq minutes, en augmentant graduellement le compte jusqu’à sept, ou huit, ou même neuf. Ne force pas. Augmente graduellement selon ce que tes poumons te permettent.

Maintenant, tu es dans ton cœur.  Note à quel point tu es détendu et pourtant étonnamment alerte. Ta conscience s’agrandit et rejoint toutes les cellules de ton corps. Tu es satisfait de ta position. Tu habites pleinement ton corps dans .le moment présent. Tu te sens enveloppé et énergique. Tu te sens en sécurité. Tes pensées ont ralenti et deviennent plus intégrales.  Tu n’es plus orienté vers les « je devrais » et les « qu’arrivera-t-il si? » de ta vie.  La tension et l’anxiété sont absentes. Le passé et le futur s’estompent de ta conscience. Ta pensée est centrée et pleine de dignité. Tu peux accompagner tes pensées parce qu’elles sont moins nombreuses et plus espacées entre elles. Maintenant, amène ta conscience à ton cœur, tout en continuant de respirer doucement et profondément jusque dans ton abdomen.

(…) Observer le silence et respirer profondément et doucement sont les voies les plus faciles pour ouvrir le cœur. Tu peux aussi l’ouvrir par les danses sacrées et les mouvements qui intègrent la respiration et qui encouragent la gratitude et la conscience du moment présent. La méthode que tu utilises pour descendre dans ton cœur n'est qu’un outil. Ne lui donne pas d'importance.
Ce qui compte, c’est que tu trouves un chemin pour accéder à l’aspect le plus profond de ton être, là où réside la paix.»